Classe A au CVBCM

Élégance de Classe

Beaucoup de pratiquants du CVBCM regardent avec admiration ce superbe bateau, le Classe A. Il rassemble tous les attributs de l’élégance, finesse des coques, étraves inversées, voilure toute en hauteur, réglages affinés, légèreté de la plateforme et facilité de mise à l’eau.

Ambiance régate

Depuis quelques jours des bateaux circulent en ville, et parfois dans les virages resserrés ils engagent le gabarit avec leurs remorques. Ça se remarque !! Ces Catamarans aux étraves biseautées comme des couteaux de marins ; aux lames brisées à la largeur d’une paume de main évitant, ainsi, les blessures trop profondes. Les marins sont-ils bagarreurs ?

Mais concernant les régates, les seules armes aux lames acérées sont celles des coques qui transpercent le clapot parfois haut du lac de Carcans. Et la seule protection des combattant(e)s, les casques ; en vue des jours de vent fort, ça arrive !!
Et c’est bien à la largeur d’une paume de main, celle de l’amitié, que les manches se déroulent !! RCV art 1 et 2

Paume d’amitié

amitié des bénévoles, aussi, chargés d’accueillir dans un gant de velours les concurrents, leurs allouer les places disponibles durant le championnat. En général c’est la plage nord de la pointe de Coben avec l’accord de l’ONF. D’autres habitués préfèrent se regrouper plage sud (dite aux fourmis) et au sud ouest de Coben vers la mise à l’eau. En tous cas des amis qui ont plaisir à se retrouver comme en famille ou par nationalité. D’autres plus concentrés s’isolent, presque cachés, histoire de garder quelque secret… de mise au point et subtils réglages.

Rude tâche concernant l’équipe d’accueil de convaincre certains des bateaux accompagnateurs afin de les orienter aux pontons et mises à  l’eau spécifiques ; de persuader les équipes de club et concurrents à positionner leurs remorques sur un parking dédié à l’entrée du site (imposé par l’ONF)

Au fur et à mesure

de leurs installations certains concurrents naviguent, ils testent le plan d’eau ; c’est l’opportunité d’adapter leurs réglages en vue de cette compétition ou bien de faire évoluer leur matériel. Je me souviens avoir vu un concurrent ajuster ses coques tentant d’y loger un nouveau dispositif de puits de dérives. Y insérer par le dessus un bloc complet avec sa dérive de type foil. Oui, par le dessus, car c’est ce que prévoit la jauge du Classe A ; ainsi qu’une distance minimale de 1,5 m entre les dérives en position basse.
Une règle conçue à l’origine… de manière à empêcher les bateaux de voler.

Dans la mesure où

c’est vrai que les bateaux font l’objet de nombreuses adaptations de dernière minute, respect de la jauge oblige !! Quelque fois des professionnels du secteur nautique ou artisans locaux sont sollicités d’urgence façon d’apporter leur savoir faire. Eux mêmes sont aussi des passionnés de la voile. En effet ils arrivent toujours à trouver dans leur emploi du temps une fenêtre afin d’intervenir rapidement. Merci à eux !!

de CatA en Classe A

Un vrai bateau… avec dérives !!

Le classe A, dans les dimensions que nous connaissons aujourd’hui,  est apparu dans les années soixante lorsque l’YRU (l’ancêtre de World Sailing) a décidé de définir quatre classes de catamarans :

La classe A, solitaire de 18 pieds de long (5,49 m)  7’6 pieds de large (2,30 m) et une surface de voile de
150 ft2 (13,94 m2).
La classe B, double de 20 pieds dont le plus célèbre représentant est le Tornado.
La classe C, double de 25 pieds qui donna lieu à des compétitions sous format de match racing baptisées
« petite coupe de l’America ».
La classe D, trois équipiers et 32 pieds de long.

A cette époque aucun poids minimum n’était imposé et certains A pesaient moins de 70 kilos avec des constructions verre/polyester ou bois et mât aluminium ! La chasse au poids était de règle ce qui valut au bateau une réputation de fragilité… Ce n’est plus le cas aujourd’hui : un poids minimum de 75 kilos est exigé et les bateaux entièrement construits en carbone/epoxy.

Cette liberté laissée par cette  jauge minimaliste (tout ce qui n’est pas interdit est autorisé) a permis nombre d’innovations que l’on a pu retrouver dans d’autres séries ultérieurement :
– Mât carbone
– Voile à corne
– Carène perce-vagues
– Coques inclinées
– Voile decksweeper

La dernière évolution bien sûr est le vol ce qui fait que deux séries coexistent dans les compétitions : les volants et les classiques. La différence se fait notamment sur les appendices : dérives et safrans.

Actuellement deux constructeurs se partagent le marché : le hollandais DNA et le polonais Exploder.

Certains pays comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande où le classe A est fortement implanté connaissent également des constructions amateur.

Le marché de l’occasion permet de s’offrir des bateaux en bon état pour des prix très raisonnables.

A la barre le A se caractérise avant tout par une grande finesse. C’est une machine à remonter le vent : les dérives et le plan de voilure à fort allongement (les mâts font 9 mètres pour une bordure autour de deux mètres) permettent un cap digne d’un monocoque. Au portant, suivant le vent on naviguera à plat ou dès que possible sur une coque. Les volants, eux, décollent dès 6/7 nœuds.

Peu de réglages sur un A : une écoute, une barre d’écoute, une bordure, une rotation de mât et un cunningham (l’accélérateur au près). Le tout réglable en navigation bien sûr.

Si le bateau est facile à vivre (ne serait-ce que pour la manutention !) il nécessite un minimum d’apprentissage pour en tirer la quintessence.

contribution écrite par DOMI, un des plus anciens passionnés du Classe A au CVBCM

Dans une certaine mesure

c’est l’occasion de rachat de matériel à d’autres coureurs, c’est alors qu’ils posent leurs voiles au sol prêt à reprendre les numéros. D’autres comparent les différentes coupe de voile et spéculent sur le potentiel des dernières structures. Ils évoquent la dernière trouvaille technologique et ajustement précis réalisé par tel constructeur. La dernière découverte en aérodynamique, en architecture navale, des passionnés je vous dis !!

Ce dont la possession n’épuise en rien le désir

c’est en philo, la définition des définitions pour « souverain bien ». Bon, c’est loin les cours du lycée !! On préférait les sciences ?

Alors cette définition leurs correspond mieux : ce qui remplace le divertissement par une recherche sans fin d’amélioration où l’imagination est au pouvoir. Comme dans la passion de la voile qui met en scène bien des scenarii. Le plus courant sera de rester performant par l’évolution de la technique. Et ainsi pouvoir, pour toujours, se donner du plaisir… à boire un coup entre potes, habitude prise dans les écoles d’ingé mais pas tjrs.

Pas d’équerre mais d’écarts

par de nouvelles perspectives, manière d’entretenir l’appétit !! et parfois en cherchant des explications à ses contre-performances, trop de susceptibilité et mauvaise foi chez les marins ? Je me souviens d’un championnat européen durant lequel un concurrent mécontent, de sa place sur une manche, a porté réclamation contre le comité. Les conditions de vent n’étaient pas assez stables. Manche annulée !! Il l’a remportée, quel mérite !! En s’appuyant sur les règles de classe et les données d’une balise positionnée sur le plan d’eau ; toutefois assez éloignée du parcours.
Évolution des techniques et des bateaux mais pas toujours des mentalités. Tous les moyens sont ils bons afin de grappiller des places ? Une conséquence du professionnalisme qui supplante l’esprit sportif ?

Paume de discorde

Il a fallu quelques années de conflits (parfois vifs) au sein de cette classe A afin de trouver une solution entre les bateaux volants – icariens 😉 et les archimédiens. Débats sur les dérives droites, courbes et foils. Je vous rappelle cet article très complet sur les évolutions de ces appendices et la diversité des plateformes navigantes il y a 6 ans, un siècle… en Classe A
– Européen Classe A : des hauts et débats ! Voiles et Voiliers N° 523 sept 2014 p70-p77
avec Interview de Glenn Ashby

Mais enfin un équilibre s’est esquissé, après bien des discussions et enquêtes menées par les intéressés. Dont témoigne sur le site « acatclassicfrance.net » ···> cet inventaire auprès des nations concernées. On y trouvera également le nombre de membres par nation ; mais pas nécessairement de bateaux (de l’importance d’une nation dans l’idée d’influencer sur les décisions internationales…)

Aujourd’hui les efforts ont porté leurs fruits et le site de l’AFCCA Association Française des Catamarans de Classe A explique comment fonctionne le double classement. Un document fixe dorénavant le cadre des compétitions.

Le cœur a ses raisons…

Les motifs qui animent les pratiquants sont diversifiés. Certains recherchent la notoriété, avoir « un nom dans le milieu », d’autres la finesse de navigation, d’autres encore adorent la mise au point des plateformes et en ce qui concerne la majorité, la convivialité.
Ils vivent avec le même entrain (en modèle réduit), les défis techniques des très grands catamarans. Et cela avec un budget beaucoup, beaucoup plus bas que ce qui se pratique dans les prestigieuses courses en multi-coques… que la raison ne connait pas.

Raffinement et finesse

Il existe un mot en allemand « raffinesse » invention linguistique composite ; mais aussi ironie d’une distinction aristocratique. 😉
Quant au Classe A cette distinction est la subtilité d’une jauge composite qui donne le pouvoir à l’innovation !!

Ce dont le désir n’épuise en rien… la possession

De nombreuses courses de Classe A se sont disputées au CVBCM grâce à l’implication de nombreux bénévoles et responsables de la Classe et de la FFV. Et de nombreuses photos en témoignent ; qu’il est difficile de choisir parmi celles de Michel Espaignet !!
Sur ce lien quelques photos de l’Européen Classe A au CVBCM. Merci Michel.


FrançaisEnglishDeutschNederlands